Nous avons rencontré une ONG spécialisée dans le développement durable, le GRET (Groupe de recherche et d'études technologiques) installé à Nouakchott qui nous a fait part de l'évolution du recyclage des déchets en Mauritanie.
Dans une logique de sensibilisation à l' environnement et de promotion féminine, le GRET a mis en place depuis 2006,
une action de collecte et de recyclage des déchets plastiques.
C'est le projet Zazou (zazou plastique dans le dialecte local).
Dans 2 des arrondissements de la ville, des coopératives de femmes ramassent les plastiques épais, les traitent, les découpent pour les revendre à des fabricants de gaines électriques et de bâches. Elles s'assurent ainsi un complément de revenu non négligeable et œuvrent pour une protection de l'environnement encore peu répandue en Afrique. .
Voir vidéo sur le projet zazou
Ecouter interview sur le projet zazou
Dans ce pays, seul la matière plastique est valorisé, les conserves et canettes ne sont recycler contrairement au Mali et au Sénégal mais une réfexion est menée sur le sujet.
Le carton est le papier, sert quant à eux, à nourrir le bétail (moutons, chèvres et dromadaires) à notre grande surprise.
Contrairement au recyclage du plastique épais, celui des sacs plastiques , véritable fléau en Afrique, est plus difficile à mettre en place.
Quelques projets ont néamoins vu le jour mais s'ils s'avèrent à l'heure actuelle, peu concluants :
Les briques en sacs plastiques : cette réalisation demande de chauffer le plastique à une température qui pollue l'atmosphère.
Sacs à main en sacs plastiques : cette réalisation demande un travail trop important pour réellement être efficace. De plus la commercialisation de ces sacs ne peut se faire qu'auprès des touristes.
Un des axes de recherche du GRET actuellement est un projet de construction de tuiles pour habitations, entièrement faites en sacs plastiques.



"Voyage par le monde, tu en sauras les problèmes"
Depuis quelques années, notre action « Caravane » a évolué en intégrant des préoccupations
environnementales. Elles se formalisent par un projet transversal aux autres : La Caravane
éCO_LOGIQUE.
Objectifs :
1. Renforcer un tourisme réellement solidaire :
- Par une exigence de responsabilité et de solidarité envers nos voyageurs et nos partenaires
- Par la mise en place de chantiers au sein des villages, dans le respect de leur culture, de leurs
demandes et de leurs besoins.
- En favorisant l’échange de savoir, la compréhension mutuelle, et une réelle rencontre
interculturelle entre voyageurs et populations locales.
2. Apporter une aide à nos partenaires du Sud :
-
Amélioration de la qualité de vie des familles par une meilleure maitrise des ressources
naturelles.
-
Formations aux techniques de fabrication de cuiseurs à économie de bois et séchoirs solaires.
-
Apport de matériel strictement nécessaire au développement de leurs activités.
-
Accompagnement à la création de Groupements d'Intérêts Economiques (GIE).
3. Favoriser les actions éco-responsables des voyageurs au quotidien :
-
Par l’implication des voyageurs dans la réflexion autour de la responsabilité éco-logique par
une formation.
-
En leur permettant de s’impliquer dans des projets de développement
-
Par la mise en place de commissions traitant les différents aspects du projet (eau, déchets,
produits)
-
Par la rencontre d’acteurs locaux comme le GRET (Groupe de recherche et d'études
technologiques) pour un échange sur l'évolution du recyclage des déchets en Mauritanie.
-
Par la fabrication de matériel alternatif, adapté à l’itinérance pour optimiser le « voyager
propre ».
En pratique ...
Nos questionnements de départ :
Quels vont être nos déchets ? Peut-on les réutiliser ? Dans le cas contraire, comment seront-ils gérer dans les pays traversés (Maroc, Mauritanie, Mali Sénégal) ? Comment gérer au mieux notre consommation d'eau ? Comment utiliser uniquement des produits naturels pour le linge, la vaisselle etc ? Que peut-on utiliser pour notre toilette intime et corporelle ?
Aussi avons-nous pris des renseignements auprès d'amis voyageurs, d'associations sur la gestion des déchets en afrique, sur les produits d'entretiens naturels, sur les déchetteries officielles existantes dans les pays traversés.
La gestion des déchets
Après moultes réflexions, nous avons fabriqués des poubelles dans de gros bidons découpés afin d'équiper la galerie de nos véhicules et permettre le tri de nos déchets quotidiens dans 3 poubelles distinctes :
- Déchets sales (plastique gras, emballages contenant des restes ...)
- Déchets propres (cartons, conserves nettoyées, bouteilles en plastique ...)
- Verres (bouteills, bocaux)
Les déchets végétaux, étant biodégradables, ont été jétés au fur et à mesure sur place.
Ce tri des déchets a été réalisé en fonction des informations recueillies auprès d'associations sur la gestion des déchets en afrique, et des déchetteries officielles existantes dans les pays traversés.
- Les déchets sales étaient destinés aux déchetteries marocaines (plus nombreuses que dans les autres pays), à celle de Nouakchott, à celle de Bamako.
- Les cartons ont été brûlés. Les conserves et bouteilles en plastique ont été données à une coopérative de recyclage.
- Le verre a été donné à cette même coopérative pour être réutilisé comme contenant notamment pour l'huile, l'essence ...
- Les boites métalliques ont pu être facilement données en afrique noire.
Bilan : Nous avons réussi à stocker nos déchets durant tous le voyage et à sensibiliser la population locale et les caravaniers à une consommation minimale du plastique, et à une ré-utilisation des contenants au quotidien.

La gestion de l'eau
Nous sommes partis avec une réserve de 200 litres d'eau pour 14 personnes et avons sensibilisé les voyageurs à son utilisation limitée sachant qu'on ne trouverait pas de l'eau partout sur la route.
L'eau pour boire a été mise dans des bidons de 5 à 10 litres entourés de tissus humides pour garder la fraicheur. Les pastilles de micropur ont été utilisées régulièrement , ainsi que l'extrait de pépin de pamplemousse pour l'eau peu souillée.
La vaisselle était réalisé dans deux bassines, l'une pour laver, l'autre pour rincer.
Nous avons valorisé l'utilisation du satala pour l'hygiène intime et l'utilisation de 2 volumes de bouteille d'eau pour la toilette.
En situation extrême ( itinèrance dans le désert mauritanien), nous sommes arrivés à une consommation de 6 litres par personne et par jour, tout confondu (vaisselle, boisson, toilette ...)
L'alimentation et les produits naturels
Nous avons privilégié l'achat d'aliments locaux durant notre voyage même si nous avions emmené quelques conserves non périssables pour compléter nos repas et garder un équilibre alimentaire lors des moments d'itinérance.
Nous avons fait attention au nettoyage des légumes et fruits avant leur consommation en privilégiant l'utilisation du vinaigre même si nous avons eu recours quelques fois à l'eau de javel.
Avant notre départ, nous nous étions penchés sur la fabrication de produits ménagers naturels, avec l'aide d'un guide "Les petits ménages".
Aussi, nous avons essayé d'utiliser au maximun des produits naturels pour éviter de polluer les terres traversées. Nous avons fabriqué notre produit vaisselle à base de vinaigre, d'huile essentielle de citron, d'eau et de bicarbonate de soude.
Nous avons utilisé le sable pour la vaisselle grasse et les savons locaux pour la lessive au quotidien, notammement le savon noir marocain.
Pour notre hygiène personnelle, nous avons valorisé les savons et shampoing naturels (savon d'alep, shampoing à base de plantes ...)
La question des tampons et serviettes s'étaient posée avant le départ et la seule solution envisagée avait été de les enterrer, solution peu satisfaisante aussi avons nous eu recours à la "Mooncup" qui s'est révélée très facile à utiliser.
CREATION D'UNE PLANTATION D'ARTEMISIA |
Avant notre départ, nous nous étions penchés sur les vaccins et les maladies que l'on risquait de rencontrer durant notre périple, ce qui nous a conduit à nous intéresser tout naturellement au paludisme. |
"Que la Pirogue respecte l'eau, pour que l'eau respecte la pirogue"
(proverbe de Guinée)


